La Dépression

Imagines deux locomotives qui foncent l’une contre l’autre.

Au moment de l’impact, elles s’immobilisent. Elles continuent de foncer, mais  il y a  zéro mouvement. Pourtant une énorme énergie se dégage jusqu’à l’accident.

Cela arrive par exemple quand tu ressens une émotion qui veut te pousser à l’action.

Disons que c’est la tristesse. Tu es triste, par exemple, parce que tu ne fais pas le travail qui te plaît. Cette tristesse est gênante ou inconfortable. Mais tu ne  l’écoutes pas.

Parce que quand tu avais 15 ans, ton papa te disait que qu’il faut faire des études sérieuses, trouver un boulot stable, prendre un crédit, acheter une maison, fonder une famille.

Pourtant tu voulais être autre chose, mais pour ne pas trahir le papa bienveillant, tu as fait des études sérieuses, tu as trouvé un boulot stable, tu as fait deux enfants, tu as pris un crédit, tu bosses 12 heures par jour. Au début, tu étais content, mais  toujours triste de ne pas faire ce que tu voulais. Peut-être que tu l’as même oublié.

Mais comme la tristesse était toujours là, à t’emmerder de temps en temps, tu t’es coupé d’elle en trouvant d’autres « remplitudes » comme la nourriture, l’alcool ou le sport.

Non, on ne te désignait pas comme alcoolique, tu n’es pas devenu forcément obèse, juste un peu en surpoids avec des problèmes gastriques, des constipations, des insomnies et j’en passe…

Car, pour toi, à l’époque obtenir l’approbation de papa était plus important que d’écouter tes propres envies.

Mettre en concurrence ces deux émotions est exactement comme ces deux locomotives l’une face à l’autre. Ça demande énormément d’énergie pour tenir. Jusqu’à l’impact.

Jusqu’au jour où tu es incapable de te lever de ton lit, c’est la dépression !

Plus de pression.

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